Roman Poeme Amateur

 

 

 

 

J-1

 

 

Il ne me reste plus qu’une journée avant le procès ;

Comment vais je occuper cette journée? Ai je oublié quelqu’un, quelque chose ? ma vie se trouve tellement vide sans Anaïs ; au fait, Pierre, je ne l’ai jamais remercié !

Je l’ai vu pour la dernière fois le jour ou mon Anaïs fut enterrée et je….

Je n’ai jamais eu le courage de l’appeler ; je lui ai dit que j’avais besoin d’être seul, j’ai du lui faire beaucoup de peine mais je ne serais pas arrivé à lui caché la vérité, mais maintenant la boucle est quasiment bouclée ; allez je l’appelle cet homme qui fut mon ami tout au long de ma vie.

*****

Franck : allô pierre c’est Franck

Pierre : bonjour Franck, j’attends ton appel depuis longtemps.

Franck : excuses moi Pierre mais, j’avais tellement de choses à régler, tu sais !

Pierre : ce n’est pas un reproche, juste pour te dire qu’il es bon de t’entendre, tu m’a beaucoup manqué.

Franck : le procès de l’Autre est pour demain ; j’aimerais te voir avant si possible ?

Pierre : bien sur Franck, tu veux que je vienne maintenant ?

Franck : oui, merci.

Pierre : ok à tout de suite Franck.

*****

Pierre va arriver d’un moment à l’autre, il va certainement me poser des questions ; comment rester honnête, ne pas lui mentir, mais comment faire autrement ? j’entends sa voiture de sport se garer devant notre maison, il est toujours pareil à lui même, un fou du volant sauf que maintenant il n’explose plus ma poubelle !

*****

Pierre : salut Franck

*****

Il me prend dans ses bras, et me sert fort. Je sent les larmes couler sur mon visage, je ne pleure plus depuis des semaines pourtant.

Je suis resté tellement longtemps sans la moindre affection, sans chaleur, sans personne à qui parler hors mi l’Autre.

*****

Franck : je me laisse aller, désolé Pierre ; ca me fait beaucoup de bien de te voir. Si on se buvait une bonne bouteille de vin ?

Pierre : avec plaisir, si je suis venu c’est en parti pour vider ta cave !

Franck : je me disais aussi !

Que dirais tu d’une petite Rosette ?

Pierre : oui si tu veux, par contre il ne me semble pas que tu m’en ai déjà servi ?

Franck : non, celui là est spécial, c’est un vin qu’Anaïs et moi avions acheté lors de notre séjour dans le Périgord noir ; nous nous étions arrêtés dans un petit restaurant qui se trouve à Padirac , juste en face du gouffre que je te conseil toujours d’aller voir, c’est majestueux. Nous avions choisi un foie gras poêlé à la poire confite, c’était divin ; et avec cela la patronne nous a servi un verre de Rosette en accompagnement, Anaïs et moi l’avions trouvé merveilleux, un blanc moelleux, très légèrement sucré mais pas trop, un tantinet pétillant sur la langue ; après le repas nous sommes allés voir le patron afin de le féliciter pour sa cuisine et pour sa Rosette ; je lui ai demandé ou je pouvais en trouver, et par chance le viticulteur était son ami ; il me proposa les deux cartons qui lui restaient dans sa cave, nous ouvrions ce millésime 95 seulement lorsque nous étions tous les deux, ca nous rappelait notre petit séjour dans cette région pleine d’histoire avec ses sites si magnifiques.

Pierre : c’est très bien Monsieur l’égoïste, mais tu va peut être nous l’ouvrir maintenant !

Franck : patience mon ami, patience !Allez dis moi ce que tu en penses ?

Pierre : je n’en dirai qu’une chose, tout simplement succulent.

J’espère qu’il t’en reste encore ?

Franck : non, c’est la dernière, Anaïs avait voulu la garder pour un évènement particulier !

*****

Ma gorge se sert, sans que je puisse me contrôler, je m’écroule en sanglots. Cette pensée qui surgit d’un coup me terrasse, se transforme en une douleur indescriptible, si ce n’es qu’elle n’est pas physique, elle vient du plus profond de mon être, de mon âme ! je me reprends peu à peu, je croise le regard de Pierre, ses yeux sont humides, je sens une certaines gène chez lui, il ne sait pas comment réagir, il se sent impuissant devant ma détresse. Je frotte mes yeux et je décide de lui expliquer pourquoi toutes ces larmes.

*****

Franck : Anaïs voulais un enfant, elle me disait que ce serait un garçon, qu’il aurait les yeux bleus, tout comme moi.

Et le jour ou Anaïs serait en sainte, lorsque je rentrerai du travail je trouverai sur la table du salon : deux verres à vin, un sceau de glace et à l’intérieur, notre dernière Rosette !

Mais maintenant ca n’arrivera plus, alors autant la boire avec mon ami, Anaïs t’aimait beaucoup.

 

Pierre : excuses moi un instant Franck.

*****

Pierre se leva quitta la pièce et se dirigea vers les toilettes ; son visage était crispé, il ne veux pas pleurer devant moi, non pas par fierté mais parce qu’il ne veux pas me faire de peine.

Apres 10 longues minutes, il reviens s’asseoir prétextant qu’il avait reçu un texto et qu’il avait du y répondre. Je fie mine de le croire, et pris délicatement mon verre, le porta à mes lèvres, et me délectât de ce breuvage chargé de doux souvenirs.

Pierre et moi parlons du passé comme deux vieux amis qui ne se sont pas vu depuis des années, nous nous remémorons toutes les sottises que nous avions faites. Puis j’aperçois Pierre un peu songeur, l’expression de son visage devient interrogative.

*****

Pierre : si tu ne veux pas en parler je comprendrai Franck, mais il y a une question que je me pose depuis un long moment.

Franck : vas y, j’essaierai de te répondre du mieux que je peu.

Pierre : c’est au sujet des articles dans le journal ; je ne comprend pas ta démarche vis à vis de l’autre pourri.

Franck : je savais que tu allais me la poser ! mais il n’y a rien à comprendre pour l’instant, je te demande juste de me faire confiance et de ne pas me juger trop vite.

Pierre : c’est juste que je trouve cela bizarre, tu n’es pas du genre à pardonner, donc je m’inquiète pour toi, c’est tout !

Franck : il ne faut pas, je vais mieux depuis quelques jours, demain le procès de l’Autre sera terminé et tout redeviendra comme avant.

Pierre : tu me caches quelque chose Franck, mais comme tu veux, je n’insiste pas. Je me rappelle quand même du jour ou je t’ai cassé la jambe sans le faire exprès bien sur, tu m’as dis que ce n’était pas grave, que tu ne m’en voulais pas, pourtant un an après, tu me poussais du pédalo au milieu du lac en me disant : « rentre à la nage maintenant, c’est pour ma jambe, à dans deux heures ».

Tu comprends mon étonnement, non !

Franck : ho la la, nous avions 14 ans, c’est vieux dis donc, en plus tu ne risquais rien, je te surveillais de la rive, si tu t’étais trouvé en difficulté je serais intervenu.

Pierre : peut être, mais un an quand même, comme quoi !

Franck : ne cherche pas, profitons de cette journée, tu veux ?

Pierre : ok. Ca te dis de venir avec moi, mon frère fête son anniversaire, cela te changera un peu les idées.

Franck : je veux bien, à chaque jour suffit ca peine.

*****

c’est la première fois depuis la mort d’Anaïs que je vais à une fête, je me sens coupable de m’amuser sans elle. Mais comment font tous ces pauvres gens qui perdent un être cher, quel courage doivent ils avoir. Je ne l’ai pas, je préfère la lâcheté, la haine. Apres une heure passé au milieu de cette foule riante et heureuse de vivre, je sens qu’il est tant que je parte ; je dois rentrer chez nous, il me reste encore une petite chose à faire !

je vais voir Pierre pour lui annoncer mon départ.

*****

Franck : je vais y aller Pierre, merci pour cette soirée, c’était très sympa.

Pierre : il est encore tôt, tu veux pas rester encore un peu ?

Franck : non, désolé, mais j’ai encore deux, trois petits trucs à faire avant le procès.

Pierre : ok, attend moi cinq minutes, je te raccompagne.

Franck : merci mais c’est pas la peine, je vais prendre un taxi, reste avec ta famille, ca va aller t’inquiète pas mon ami.

Pierre : t’es sur ? je te trouve vraiment bizarre, tu vas pas faire de conneries ?

Franck : mais non, ne soit pas bête, allez on se verra après le procès.

Pierre : comme tu veux Franck, je t’appelle demain soir.

*****

je sert la main à Pierre, c’est très difficile de contenir mon émotion, comment lui dire que je ne serai pas chez moi demain soir.