<chapitre 15 Le livre : "le poids du secrets" de Bernard Franck est à lire gratuitement sur roman-poème-amateur
 
 

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J – 7 la dernière visite

 

L’heure est arrivée, je me dirige pour la dernière fois rendre visite à Rodrigue ; une dernière petite mise au point afin de vérifier qu’il a bien appris sa leçon. Je réalise que je ne sais même pas qui il est, comment c’est passé son enfance,

Quels ont été ces joies et ses chagrins ! ! !

Je décide de profiter de ce dernier instant pour le connaître Lui et non le meurtrier ; cela devrait m’être utile pour le procès.

Sur ces questions, me voici déjà aux portes de la prison ; je sonne, un des matons vient m’ouvrir, me fait passer par la salle de fouille sans s’y atteler, puis le parloir, Rodrigue n’est pas encore arrivé, c’est étrange, il a toujours été là le premier ;

J’espère qu’il ne lui ai rien arrivé ; pfffff je suis ridicule, si cela avait été le cas, les matons me l’auraient dit ! ! !

Un soulagement, Rodrigue arrive, toujours aussi souriant, je discerne même une certaine satisfaction dans son attitude ;

Pourquoi est il aussi serein d’un seul coup ?

*****

Rodrigue : bonjour Franck, tu vas être fier de moi, j’ai répété toute la scène des dizaines de fois ; je connais chaque mots par cœur, ainsi que toutes les émotions que je devrai faire paraître.

Franck : je savais tu pouvais y arriver, j’en suis très heureux, vraiment très heureux !

J’aimerais te demander encore une petite chose.

Rodrigue : nous sommes amis maintenant, tu peux tout me demander, vas y Franck.

Franck : hé bien voilà, nous nous sommes beaucoup parlé ces derniers temps ; je sais ce que tu as fais et pourquoi tu l’as fais ; mais finalement je ne te connais pas réellement, raconte moi qu’elle a été ton enfance, ce que tu as vécu, et ce qui d’après toi ta conduit là ou tu es maintenant.

Rodrigue : ta question me fait énormément plaisir Franck .

Tout le monde pense que je suis un monstre, donc que je suis né ainsi ; mais c’est beaucoup plus compliqué que cela ; à mon avis, je suis parvenu à ces viols petit à petit, sans m’en rendre compte ; pourtant j’ai eu une enfance normale, mes parents étaient très gentils avec moi, ils me donnaient beaucoup d’amour et d’attention ; mon adolescence c’est déroulée sans grande difficulté, je n’étais pas un play-boy mais j’ai eu plusieurs aventures, bien que toujours insatisfait, j’en recherchais toujours une autre, puis une autre, encore une autre ; il me fallait en permanence une nouvelle conquête, comme ci cela eut été vital pour ma survie. Franchement je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas d’ou vient se besoin, cette obsession. Tout ce que je sais, c’est que, si je me retrouve sans nouvelle preuve d’amour, je perds progressivement confiance en moi et mon esprit s’évade de plus en plus vers l’irrationnel.

Pendant des années j’ai pu assouvir se besoin, jusqu’au jour fatidique ou je suis resté privé de nouveaux amours pendant une longue période ; c’est à ce moment que tout a basculé ; les filles avec qui je faisaient l’amour étaient satisfaites de moi, alors je me suis dit, les filles que tu rencontres dans la rue se refusent à toi car elles ne savent pas que tu es doux, gentils et passionnés. Alors il ne me restait plus qu’à rechercher une femme qui me plaisait, la forcée un peu au début, lui donner du plaisir et de la tendresse, ensuite elle se rendrait compte par elle même de qui je suis vraiment et tout se passerait bien ; nous pourrions même rester amis ensuite ; mais ca ne c’est jamais passé comme çà !

A chaque fois que j’attrapais une fille, j’avais beau me montrer aimant avec elle, je ne recevais que cris, coups et insultes ; je ne tombais jamais sur la femme idéale qui saurait m’apprécié à ma juste valeur.

Donc cela se terminait systématiquement très mal ; je devais les frapper pour les faire taire. J’ai fais l’amour à une quinzaine de fille ainsi jusqu’au moment ou la police m’a arrêté !

J’ai passé cinq ans en prison, se fut très dure pour moi, les autres détenus m’ont fait beaucoup de mal puis je suis ressorti de cet enfer.

A ma sortie de prison j’ai travaillé comme manutentionnaire dans une usine de moutarde ; tout allait bien pour moi, quand soudain je ressentis le même désir, la même pulsion ;

Je venais de voir ta femme !

*****

Cinq ans de prison pour quinze vies gâchées ! ! !

J’écoutais sa plaidoirie pathétique et je ne ressentis à aucun moment le moindre remord vis à vis de ses victimes.

Etait il vraiment malade, ou tout simplement une erreur de la nature, à moins que ce soit la nature humaine qui soit une gigantesque erreur ! 

Non, je dois me ressaisir, l’humanité est le résultat d’une multitude d’individus qui ensembles ont su refouler leur instincts primitifs et bestiales.

Non, mon Anaïs faisait parti de cet ensemble, rejeté l’humanité serait la rejeté Elle.

Mais pourquoi ces pensées, je perds la tête ou quoi ?

Je dois me concentré et revenir devant cet homme.

*****

Franck : merci pour m’avoir parlé de toi, cela sera plus facile pour moi, de t’aider lors du jugement.

Rodrigue : à ton tour Franck, qui es tu ?

Franck : aimes tu les devinettes Rodrigue ?

Rodrigue : ca dépend, pourquoi tu me dis çà ?

Franck : tu vas devoir deviner qui je suis, et pour cela je vais te donner une énigme à résoudre!

  • Mon premier a laisser l’osiria mourir
  • Mon deuxième est décédé à 2h du matin
  • Mon troisième est celui par qui la 17éme ne sera jamais.
  • Qui suis je ?

Rodrigue : je n’y comprend rien Franck, c’est quoi l’osiria, c’est trop compliqué, dis moi.

Franck : tu as jusqu’à la fin du procès pour trouver la solution, fautes de quoi, je te l’annoncerai au moment ou je poserai ma main sur ton épaule.

Il est l’heure, bonne chance et à jeudi.

Rodrigue : mais Franck

*****

Sans le laisser finir sa phrase, je me lève et me dirige loin, très loin de ce lieu qui fut pour moi un flot de douleur et de souffrance.

C’est terminé, plus de visite avec l’Autre ; encore 6 jours avant de dévoiler mon fardeau, mon secret.