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Dernière mise au point Me voici dans la dernière ligne
droite, le plus difficile est passé, il ne me reste plus qu’à mettre au
point les derniers détails avec Rodrigue que je dois rencontrer à 15
heure.
Va t-il être à la
hauteur ? Chaque mot, chaque émotion doit être
maîtrisé, calculé ; Le moindre doute nous serait fatal.
Je mets sur papier tout ce qu’il devra dire et faire ; son avocat lui
fera passer discrètement. Cette tache terminée je me rend à la prison
presque soulagé de voir la fin du tunnel. Même le soleil est au rendez
vous ; Dieu se serait il rangé de mon coté, a t-il décidé de
m’aider ?
Aucun journaliste aujourd’hui, aucun
morts vivants non plus ! Je pénètre dans la prison, les matons
me conduisent vers Rodrigue sans même me fouiller ; à croire que le
simple fait de me voir les dégoûte déjà !
Comme d’habitude, Rodrigue est déjà
assis, il m’attend, toujours ce même sourire ; je m’assied devant
lui, prend le combiné, je ne me pose plus de question, je suis
machinalement le plan fixé !
***** Franck : bonjour Rodrigue, comment vas tu cet
après midi ? Rodrigue :
bonjour Franck, je suis un peu nerveux, le procès est prévu dans 15
jours.
Franck : j’ai
parlé avec ton avocat ce matin, je lui ai remis une lettre qui t’explique
en détail notre stratégie, cela devrait bien se passer. Nous allons
réussir à convaincre les jurés que tu es malade, et que tu as agis dans un
état second ; tu n’iras pas en prison mais dans un hôpital
psychiatrique ; si tu te tiens bien, tu ne devrais pas y rester plus
de 5 ans.
Rodrigue : tu
crois vraiment réussir ? Franck : ton
avocat est très confiant, rassure toi ; et maintenant écoute bien se
que je vais te dire.
Rodrigue : ok ,
je t’écoute. Franck :
pendant le procès, tu vas entendre le procureur dresser les faits qui te
sont reprochés, il demandera certainement la perpétuité. Ensuite on te
demandera si tu plaides coupables ou non.
A ce moment là, tu baisseras la tête,
et d’une petite voix tu diras simplement pardon, pardon et le tout avec
quelques larmes le plus sincèrement possible !
Rodrigue : je n’ai pas besoin de
faire semblant Franck, je regrette profondément d’avoir fait du mal à ta
femme, faut que tu me crois ! ! !
Franck : se
sont les jurés qu’il faudra convaincre, moi je te crois bien évidemment.
Ensuite ton avocat prendra la parole
et plaidera la folie passagère. Le procureur appellera ses témoins qui
témoignerons contre toi, puis viendra mon tour.
J’avancerai à la bar, mes yeux seront
humides, ma voix sera tremblante, les jurés pourront sentir toute ma
détresse, tous mon désarroi.
Et à ce moment là, je te regarderai,
de nouveau tu baisseras la tête et tu te mettras à pleurer
doucement.
Ton avocat me demandera ce que je
pense de ta culpabilité, je ferai un discours en expliquant nos différents
entretiens, je leur démontrerai que la personne que j’ai découvert n’est
pas un criminel sans âme etc.…
Ensuite je m’avancerai vers toi ce
qui va déplaire au juge, mais peut importe, je vais marquer l’esprit des
jurés, puis je poserai ma main sur ton épaule tout en terminant mon
discours en regardant bien dans les yeux le jury. Il est crucial que le
jury croit en ma sincérité. Tu te lèveras et tu me dira merci pour votre
gentillesse, pardonnez moi, pardonnez moi.
On doit réussir à créer l’émotion
dans le jury, si nous y arrivons, nous aurons gagné.
***** Rodrigue :
j’aimerais te croire, mais je doute que cela fonctionne. Franck :
entraîne toi dans ta cellule, répète chaque parti, chaque mot, chaque
geste, fais en sorte que tout paraisse naturel et vrai ! sur ce je
dois te laisser, on se retrouve dans quinze jours au tribunal ;
courage, ca va aller.
Rodrigue : s’il
te plait Franck, reviens jeudi prochain, j’ai besoin de te voir, je t’en
prie.
Franck : très
bien, je vais me débrouiller pour être là jeudi. A la semaine prochaine, nous ferons
un briefing sur ce que tu dois dire et faire, ok ?
Rodrigue :
merci Franck, je ne te décevrai pas, tu verras. ***** Je ne veux plus le voir avant le
procès, mais devant son insistance il me parait plus judicieux de céder à
sa demande.
Encore une visite dans cette prison,
encore un entretien, et les dés seront jetés,
enfin ! ! !
Je lui demande d’être à la hauteur,
mais moi, en suis je capable ? Sur cette question, je rentre
directement chez moi ; malgré le soleil, il fait très froid en ce
mois de février ; je passe devant les jardinet d’Anaïs, seule
quelques tiges percent encore le manteau neigeux. Les morts vivants ne
sortent peut être pas par temps froid, il n’y a plus personnes devant chez
moi !
Je m’installe devant la télé, je
passe de chaîne en chaîne, mon esprit n’arrive pas à ce fixer sur un
sujet ; puis lentement, mes pensées échappent à mon contrôle, Anaïs
réapparaît comme chaque fois lorsque je me retrouve seul !
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