souvenir
Les
feuilles commençaient à tomber, je trouvais cette période un peu morose,
les nuits s’allongeaient, les arbres se déshabillaient à l’inverse des
femmes. Sur ces pensées très intéressantes, je me rendait chez Pierre pour
jouer le super agent, enfin surtout pour voir cette soi-disant déesse. Je
sonnait à la porte, Pierre vint m’ouvrir.
*****
Pierre : salut
Franck, comment vas tu depuis hier ?
Franck : bien
merci, alors elle est là.
Pierre : oui,
et encore plus belle que l’autre soir, mais je te préviens, pas
touche.
*****
Je m’avançais vers le salon tout en
narguant mon ami, et là je découvris avec surprise la jeune femme, à qui
je n’avais même pas osé adresser un mot lors de l’inauguration. elle était
assise sur le sofa, elle portait une robe jaune pastelle, de jolie
escarpin d’un jaune plus soutenu avec une petite cordelette qui
s’enroulait autour de ses mollets. Elle avait un petit ruban dans sa
longue chevelure. Je me retrouvais de nouveau momifiés devant tant
d’élégance et de sensualité. Pierre s’en aperçu et nous a présenté, un
sourire narquois aux lèvres. Elle se leva, déploya ses longues jambes, et
me tendit sa main. Ses doigts était fin et allongés, ses ongles étaient
délicats, simplement vernis d’une fine couche incolore. Je pris sa main et
la baisa.
Pierre se mit à pouffer de rire, non
pas pour le baise mains, mais tout simplement parce que ma peau devait
frôler le rouge écarlate. Je ne m’étais jamais sentis autant troublé
devant une femme !
*****
Anaïs : Pierre m’a fait beaucoup
d’éloge à votre sujet, que c’est grâce à vos talents d’agent qu’il a
réussi à percer dans la peinture.
*****
Aïe, cela commençait mal ;
comment rattraper la situation, je ne voulais pas lui mentir, cette fois
ci c’était sur, le rouge écarlate était atteint. Heureusement, Pierre vint
à ma rescousse.
*****
Pierre : Franck
n’est pas un vrai agent, mais un très bon ami qui sait me conseiller quand
je me retrouve devant un choix difficile.
*****
Ouf, j’étais sauvé, enfin
presque ; j’étais là depuis 10 bonnes minutes, et la seule phrase qui
était sorti de ma bouche, se résume à bonjour Mademoiselle, ce qui était
un peu cours reconnaissons le ! elle engagea la conversation ;
sans doute que son métier de journaliste lui permettait d’être à l’aise
dans toute situation, à moins queeeee ! que je ne l’intéresse pas du
tout, je serais un monsieur tout le monde pour elle ; non, pas ça,
allez Franck positive et découvre toi.
*****
Franck : en
fait je suis éleveur, de chevaux, enfin jeeeee, je fais reproduire mes
juments par des étalons.
*****
Anaïs se mit à rire.
*****
Anaïs : je suis
heureuse de savoir que se sont des étalons qui saillissent vos
juments ! ! !
*****
Et me voilà encore une fois écarlate,
je me sentais ridicule, mais pourquoi luis ais je dis
cela ?
*****
Franck : Pierre
m’a dit que vous étiez journaliste ?
Anaïs : oui, je
suis les évènements artistiques de la région, c’est passionnant, on
rencontre des personnes très intéressantes.
*****
Dit elle cela pour moi ?
*****
Pierre : désolé
d’interrompre votre conversation mais demain je me lève tôt.
Anaïs : déjà 22
heures, excusez moi Pierre j’ai abusé de votre temps, merci de m’avoir
reçu, l’article sortira samedi prochain.
Pierre : c’est
moi qui vous remercie, vous allez me rendre célèbre !
Anaïs : mais
j’y compte bien, je vous apporterai le magazine vendredi soir, comme cela
vous serez le premier à le lire, bonsoir Pierre.
Franck : je
vais te laisser aussi Pierre, un artiste à besoin de beaucoup de sommeil,
on s’appelle.
Pierre : c’est
cela Franck, amuse toi bien ! ! !
*****
Je me retrouvais avec Anaïs dans
l’ascenseur, je sentais son parfum qui m’embaumait. je n’avais que trois
étages pour oser l’inviter à dîner. Je lui souriais bêtement, elle devait
sentir ma gène c’est sur ; plus que 2 étages, allez quoi vas y, déjà
le rez-de-chaussée, j’avais envi de me gifler, comment pouvais je être
aussi stupide. Une fois en dehors de l’immeuble, contre toute
attente.
*****
Anaïs : j’ai un
petit creux, pas vous ?
*****
J’avais envi de la prendre dans mes
bras et de la remercier pour son initiative. Savait elle lire en
moi ?
*****
Franck : je
meurs de faim, il y a un petit restaurant très sympa tout prés d’ici, il
font un magret de canard recouvert d’une tranche de foie gras cru, un
délice, ça vous tente ?
Anaïs : avec
plaisir Franck, je vous suis.
*****
Elle m’avait appelé par mon prénom,
personne ne l’avait prononcé avec autant de douceur, sa voie était une
mélodie.
Je la pris par le bras et nous sommes
parties doucement par cette nuit d’automne vers le restaurant; ni
Anaïs, ni moi ne parlions, nous étions simplement bien, le cœur
léger.