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l’incompréhension Le téléphone me réveille brusquement,
je sors de notre chambre, attrape le combiné, et j’entends la voix
furieuse de mon beau-père qui m’insulte, je lui demande mais que se passe
t il ?
Il me dit alors qu’il vient de lire le
journal du matin, et qu’en première page il est indiqué que le mari de la
jeune femme assassinée va se rendre à la prison afin de pardonner au
meurtrier, je lui répond que cela est vrai et que ma foie m’oblige à le
faire ; j’entends son souffle à travers le téléphone, puis sa voix
ressurgit, me dit que je suis une pourriture, qu’il ne veut plus jamais me
voir et raccroche.
La dureté de ces mots me font frémir
mais comment ne pas les comprendre.
Sans même me laver, je saute dans mon
jean, et sort de la maison afin d’acheter le journal, je traverse la rue,
me dirige vers le kiosque, bonjour Paul, je voudrais le journal de ce
matin, Paul ne me salut pas, il me regarde avec un mépris volontairement
non dissimulé, je comprends alors qu’il a du lire l’article, il me tends
le journal et me dit d’une voix froide, chargée de dégoûts :
« tiens, prend le, je te l’offre, mais c’est la dernière fois que je
te sers fumiers », Paul adorait Anaïs, qui ne l’aimait pas
d’ailleurs, elle venait chaque matin acheter la gazette avant de partir à
son travaille, je fais demi-tour, et rentre chez nous lire ce fabuleux
article !
La Une me traite de monstre, comme
quoi je pardonne au violeur et meurtrier de ma femme quelques jours après
sa mort, et que je compte me rendre auprès de lui. Le téléphone sonne à
nouveau, une voix que je ne connais pas m’injurie, et menace de venir me
casser la gueule, à peine raccroché, un autre appel, de nouveau des
insultes et des menaces, le téléphone ne s’arrête plus, je le débranche,
mais pourquoi ne respecte t il pas mon choix, en quoi cela les regardent
ils ? J’entends des cris dans la rue, je regarde par la fenêtre et la
j’aperçois une vingtaine de personne avec des écriteaux.
Je peu lire sur l’un d’eux salop, un
autre ordure etc.… je comprends alors que ces personnes sont prêtes à me
lyncher suite à l’article du journaliste. J’appelle le commissariat afin
de les prévenir que je suis en danger, le policier me réponds froidement
qu’il envoie une patrouille sur place mais qu’il n’y a pas lieu de
protéger un type comme moi. Je suis seul, plus que deux hommes à qui
parler, l’Autre et son avocat avec qui j’ai rendez vous dans moins d’une
heure maintenant.
Je commence à me préparer, comment
vais je réagir en le voyant, vais je pouvoir lui donner mon pardon dont il
a tant besoin ; tout en me répétant ces questions, je sorts de chez
nous m’apprêtant à traverser la foule qui s’agglutine devant notre
maison.
Leurs visages sont rouges, leurs
veines gonflées, je ne comprends pas se qu’ils beuglent, juste un
brouhaha, la foule est écarté par la police afin de me laisser passer, me
voilà à leur hauteur, je lis la haine dans leurs yeux, je commence à
traverser, je suis au milieu de cet arène, je sens une matière gluante qui
vient de s’écraser sur mon visage, ils me crachent dessus ! suis je
plus haïssable que le criminel lui même ?
Un coup violent me frappe la nuque, je
tombe à genoux, un policier me prend part le bras, me jette dans la
voiture, le policier crie à son collègue démarre, vite, ils vont le
tuer ; sans perdre de temps, il exécute et se dirige vers la
prison.
Arrivé à la prison, un autre comité
d’accueil m’attends, mêmes les journalistes sont là, les flash des
photographes m’aveuglent, ils se précipitent sur moi, pas d’écriteaux
cette fois, juste des micros accompagnés de centaines de questions qui
arrivent de toute part, je me retourne vers eux, puis le silence, plus un
seul bruit, plus une seule question, ils restent planté la, sans bouger,
regardant la bête qui s’apprête à parler.
Je leur dis alors, que Dieu est amour,
et que nous devons apprendre à pardonner, et que c’est ce que j’allais
faire dans un instant avec l’Autre. Sur ce je me retourne, pénètre à
l’intérieur de l’enceinte n’étant plus qu’à quelques mètres de l’Autre
toujours en me posant la même question, comment vais je
réagir ?
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