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ADIEU MON
AMOUR Je suis devant
la glace, dans la salle de bains, le rasoir à la main; j’essaie de me
préparer pour le dernier hommage à l’être tant aimé.
La brume devant mes yeux rend chaque geste imprécis et maladroit. Sur le lavabo
se trouve un verre avec la photo de Candi dessus, Anaïs l’avait depuis
qu’elle était toute petite, elle adorait ce dessin animé ; je crois qu’Anaïs était restée
une enfant, c’est pour cela qu’elle était si douce, si
gentille et si innocente ; sa brosse à dents est à l’intérieure; prenant
le verre de mes deux mains, telle une oeuvre d'art, je
le carresse en pensant à mon ange.
Au dessus du
verre, je vois le parfum d’Anaïs, je prend le flacon, laisse en échapper quelques gouttelettes afin de
m’en enivrer, les émotions me reviennt aux files des images qui
s'aglutinent dans mon esprit meurti. Après un long moment, je me remet à ma tâche, je finis
de me préparer, prenant les derniers détails de notre amour et me dirige
vers elle.
Arrivé devant la
salle, je peux voir la famille d’Anaïs, mes parents et notre ami Pierre. Je
m’avance vers eux, essaie de leurs dire bonjour, mais je n’y arrive
pas, mes larmes m’inondent, je cours retrouver celle qui fut tout pour
moi et celle qui le restera à jamais. J’entre dans la salle violette, me
précipite contre Anaïs et lui embrasse frénétiquement tout le visage de
peur qu'on me l'enlève; je ne veux pas la quitter, je l’aime trop ; j’ai
mal, ma gorge, ma tête, mon âme, mon cœur ; tout n’est que plaie
brûlante !
Le chêne
enveloppe le corps de mon Anaïs, on ne distingue
plus que son visage et le haut de ses fines épaules, de son petit corps
sans vie.
Un commissaire rentre dans la salle,
me dit qu’il doit refermer le cercueil ! non pas tout de suite, s’il
vous plait, pas tout de suite, laissez moi encore un moment avec elle,
juste un moment je vous en prie ! l’homme se retire et me dit qu’il
se tient à coté.
***** Franck : ho mon
amour, mon cœur, je t’aime, je t’aime ! Pardonne moi, je
t’aimes ! Me laisses pas, me laisses
pas! ! ! ***** j’entends les
voix dans le couloir entrecoupée de sanglots; puisant dans mes dernières
ressource, j'embrasse une dernière fois mon Anaïs; je la revête de sa
parrure de bijoux que je lui avait acheté en Turquie, puis
j’appelle le commissaire ; l’homme s’approche, me demande s’il peut fermer le cercueil, je lui fais
signe que oui et je la regarde disparaître devant
moi, impuissant, je ne vois plus son doux visage, mes yeux se posentsur les deux
roses d’or, pendant que l’homme pose les scellés. Trois hommes entrent à leurs
tour, me disent qu’il faut emmener Anaïs dans le corbillard; je me
place devant, sur le coté gauche, les trois hommes et moi-même soulevons Anaïs ; nous la
portons vers le corbillard qui nous attends, les portes sont ouvertes comme
si elles aussi voulaient la serrer une dernière fois ! le cortège macabre nous
suit jusqu’à l’église, située dans un petit village qui l'a vu naitre, il
y a si peu, trop peu de temps.
je m’apprête a reprendre Anaïs avec mes trois
compères, lorsque Pierre, mon père et Georges s’approchent du corps d’Anaïs
et me disent vouloir m'aider à porter Anaïs jusqu’à
l’autel ;
je suis tellement heureux par leur
geste, nous allons ensemble, nous qui l’avons aimé, mener
Anaïs auprès Dieu. Nous marchons lentement, ému et le
cœur à vif, sur le sol jonché de pétale d’Osiria, nous déposons
délicatement Anaïs devant l’autel ; notre rose parmi un champ de
roses attends la bénédiction de Dieu.
La cérémonie se déroule dans une pluie
d’amour, je monte les marches de l’autel, je me dirige vers le micro afin
de crier haut et fort à Dieu, à quel point elle est
merveilleuse.
***** Franck :
Seigneur, tout ce que je pourrai te dire sera vain, Toi qui l’a vu naître,
grandir, s’épanouir dans le chemin de ta grâce divine ; qui peut
mieux que Toi savoir combien Anaïs est pureté et innocence ; Anaïs a
apporté tendresse à ses parents, affection à ses amis, gentillesse à ceux
qui croisaient son destin ; Anaïs m’a offert la passion, l’amour, une
raison de vivre, une raison d’être meilleur ! Anaïs n’est plus,
chacun d’entre nous perds un sentiment précieux, chacun d’entre nous
gardera l’image de cette jeune fille rayonnant de vie, une étoile parmi
les étoiles d’un soir d’août 2006.
Merci Seigneur d’accueillir dans ton
paradis d’amour la perle de tes enfants, merci de veiller sur elle, le
temps de mon retour à ses cotés.
***** L'office
terminé, nous reprenons Anaïs, et la portons dans
sa dernière demeure; nous laissons délicatement Anaïs s’enfoncer dans le
noir ; je n’arrive plus à pleurer, la douleur est si intense qu’elle
paralyse tout mon corps ; nous nous tenons deux mètres plus haut
devant elle, une tige à la main, surplombée de pétales d’Osiria. Paula s’avance
le visage meurtri vers sa fille, Georges la soutient fermement, elle
laisse échapper sa rose sur son enfant, mais c’est son cœur qui se dépose
sur Anaïs ; Georges, les yeux dépourvus de vie en fait de même, puis
je vois Pierre jeter la rose, essayant de la retenir comme s’il voulait
par se geste ramener à la vie sa douce amie ; je m’avance à mon tour
devant mon tendre amour.
***** Franck : ho mon
amour, je t’aime très fort, n’ai pas peur surtout, nous serons bientôt
réunis mon cœur ; je t’aime ! ! !
***** Ma rose se dépose sur Anaïs, je me recule
lentement ; des personnes recouvrent l’essence de ma vie,
m'enterrant vivant; j’entends le choc lourd de la terre sur le
cercueil d’Anaïs ; l’émotion est trop forte, Paula s'écroule parterre, Georges la
saisi et la remmène chez eux, dans cet endroit qui fut le témoin de tant
d’amour et de bonheur, mais qui ne sera plus que souvenirs et
douleurs !
J’embrasse mes parents et à mon tour
je retourne chez nous ! ! !
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