Je suis chez Paula
et George, nous attendons la femme des
pompes funèbres qui va nous aider à préparer le dernier homage à
Anaïs.
En l'attendant,
nous essayons de parler d’Anaïs, mais c’est
impossible, le simple fait d’évoquer son prénom nous plonge dans les abîmes du
désespoir; pourtant dans un moment il va falloir être fort, très
fort !
La sonnette de la porte d’entrée
me fais sursauter, nos regards se croisent, se demandant lequel d'entre nous va accueillir cette
femme, que nous ne voulons pas recevoir; bien qu’elle ne soit en rien
responsable dans la mort d’Anaïs, sa présence nous est pénible; George
fini par se lever, il se dirige d’un pas lourd vers l’entrée; le voir
déambuler ainsi dans le salon me fait mal, lui qui est si alerte et si dynamique
pour ses 57 ans, j’ai l’impression qu’il a vieilli de 15 ans en deux jours, même
son dos se courbe sous le poids de la souffrance !
J’entends la femme se présenter au nom de
Mme Marjelle, c’est bien la femme des pompes funèbres qui vient d’arriver;
je voudrais me sauver en courant, me cacher n’importe où, mais c’est impossible,
je dois être là pour Anaïs, pour mon amour.
*****
Mme Marjelle : bonjour M Bergan,
bonjour Mme Printant
Franck : bonjour, asseyez
vous.
Paula : bonjour Mme
Marjelle.
Mme Marjelle : tout d’abord, je tiens
à vous représenter mes condoléances, et je voudrais que vous sachiez que je
serai présente avec vous, tout au long de cette difficile épreuve.
Paula : merci. Par quoi devons nous
commencer ?
Mme Marjelle : en premier lieu nous
devons préparer le faire part pour le journal, avez vous une idée du texte que
vous souhaiteriez mettre ?
Paula : non, pas vraiment.
Mme Marjelle : nous pourrions
mettre :
Mme Bergan Anaïs née Printant est décédé le
10 aout 2006 à l’age 25ans.
*****
C’est impossible, je peux pas, je me lève et part m’enfermer dans les
toilettes, je mets ma tête entre les mains, et je m’écroule en sanglots. C’est trop
dur, ca fait trop mal, je vois son visage à la morgue, je ne veux pas
qu’elle soit morte, je ceux qu'elle me revienne, pitié!
Paula frappe à la porte, et me dis d’une voie douce de venir, j'essuie
mes larmes et sort des toilettes; Paula me prend dans ses bras, me sert très fort,
puis me conduit par la main vers l’enfer!
*****
Franck : je vous prie de
m’excuser.
Mme Marjelle : ce n’est rien, je sais
à quel point c’est douloureux de perdre un être cher. Nous avons fini le faire
part, vous voulez le lire ?
Franck : c’est très bien oui, par
contre j’aimerais modifier une petite chose si Paula et Georges sont
d’accords ?
Paula et Georges : oui Franck, bien
sur.
Franck : je ne veux pas qu’il y ai
plein de monde, je préfèrerais qu’ils n’y aient que la famille et les amis
proches. Et je ne voudrais pas que les personnes amènent des fleurs ou des
plaques ; je m’occuperai personnellement des fleurs si vous n’y voyez pas
d’inconvénient ?
Paula : comme tu veux
Franck.
Franck : merci Paula. En ce
qui concerne les fleurs, je ne veux que des bouquets de roses, certainement pas
de gerbe et seulement des osirias.
Mme Marjelle
: je ne connais pas cette variété de
rose, je ne sais pas si je pourrais en avoir !
Franck : débrouillez vous le prix
n’est pas un problème, je veux que le dernier chemin emprunté par Anaïs ne soit
qu’un parterre de pétales de roses, et pour l’église et le cimetière je
veux qu’Anaïs soit entourée de ces roses préférées.
Paula : je sais combien tu aimais
Anaïs, mais c’est beaucoup d’argent, tu n’es pas obligé d’en faire tant, tu
sais !
Franck : c’est argent était pour
elle, je voulais lui offrir tellement de choses qui l’aurais comblé de
bonheur, maintenant c’est trop tard, cet argent ne représente plus que de
vulgaire morceau de papier; vous comprenez Paula ?
Paula : très bien Franck, fais comme
tu en as envi.
Franck : si vous pouviez téléphoner
dés maintenant pour les roses, je voudrais être sur qu’elles soient là pour
Anaïs.
Mme Marjelle : oui, j’appelle de
suite, pendant ce temps là, si vous voulez regarder les différents modèls de
cercueils !
Paula : que pensez vous de celui là
?
Franck : il est très bien en
effet.
Mme Marjelle
: ça va être compliqué
pour les fleures, personnes ne cultivent ce genre de roses en série, je suis
désolé mais je crains que cela ne soit impossible.
Franck : je vous en prie, il y a
forcément un moyen, essayez l’étranger, je ne sais pas mais trouvez
en !
Paula : c’était ces roses préférés,
elle était tellement fière de nous les montrer chaque été.
Mme Marjelle : bon, j’en ai trouvé,
mais vous ne pourrez pas les avoir à moins de 5euro pièce, ca fait beaucoup
d’argent et…
Franck : ce n’est pas un problème, je
vous l’ai dis, de toute façon il ne me sert plus à rien ; alors commandez
les !
Mme Marjelle : comme vous voulez M
Bergan. Pour le cercueil vous avez choisi ?
Franck : oui, nous prendrons celui en
chêne, celui qui a des poignées en albatre, par contre j’aimerais que vous y
rajoutiez deux roses qui se chevauchent légèrement. Et remplacer le satin par de
la soie, pourpre pour la soie sur laquelle Anaïs sera allongée ainsi que le
coussin et blanc pour la soie qui la recouvrira.
Mme Marjelle : et pour la cérémonie,
avez vous des exigences particulières ?
Franck : je veux porter Anaïs tant à
l’église, qu’au cimetière, et je souhaiterais dire un petit mot sur elle pendant
la cérémonie.
Mme Marjelle
: bien, je penses que nous
avons tout prévu, tout sera fait selon vos désirs, s’il y a quoi que se soit
que vous aimeriez modifiez, surtout appelez moi sur mon portable, je reste à votre
disposition. Au revoir.
Paula : merci, je vous
raccompagne.
*****
Voilà les préparatifs sont
terminés, dans deux jours tous sera terminé. Je prends congé de Paula et de
Georges leurs disant que je me rend dans la salle funéraire auprés d'Anaïs.
7 Kilomètres plus tard, me voila devant la morgue, je tape le code de sécurité, puis entre
dans ce lieu de douleur!
Mon cœur se sert, j’ai la sensation que mes jambes
sont en guimauve ; je traverse un long couloir recouvert de carrelage
blanc, sur les murs de couleurs crèmes, il y a des
petits tableaux avec des motifs de fleurs ; différentes portes se trouvent
de chaque coté, chacune d’entre elle porte le nom d’une fleur, Anaïs se trouve dans la salle
violette ; j’apperçois enfin la pièce, je m’approche lentement, j’avance ma main
vers la poignée, je la clenche doucement, bêtement, comme si j'avais peur de
la réveiller dans l'un de ses rêves, comme je l'aurais
fait, il y a deux jours de cela, puis j'entre à l’intérieur ; Anaïs est
la, devant moi, seule dans cette salle sans vie, la douleur s’amplifie à chaque
pas qui me rapproche d’elle ; elle est magnifiquement
belle !
Je m’agenouille à ses cotés, couvre ses lèvres de doux baisers; je pose ma main
sur sa joue, puis pose ma tête sur le creu de son épaule ! elle est
froide, si froide !
*****
Franck : bonjour mon amour, tu m’as
tellement manqué tu sais ; j’ai tant besoin de la douceur de tes mains sur
moi, de pouvoir sentir ton parfum, de regarder ton sourire, de contempler ton
visage ; Anaïs je t’aime tellement, je t’aime…
Je suis désolé mon cœur, je n’étais pas là,
je n’étais pas là !
Il aurait suffit que je viennes te chercher mon
amour, je suis tellement désolé, toute cette souffrance que tu as du endurer, oh
je ;
Pardonne moi mon cœur, pardonne
moi !
J’étais avec tes parents ce matin, la dame
des pompes funèbres est venue, nous avons tout préparé, j’ai pu avoir tes roses
mon amour, mais tu seras la plus belle d’entre elle ma chérie !
Je ne te laisserai pas seul très longtemps
Anaïs, je te le promets.
J’ai arrosé tes rosiers avant de me rendre
chez Paula et Georges, les pétales se laissent tomber sur le sol, elles aussi
pleurent ton absence mon cœur ! tu te souviens le jour ou le camion est arrivé,
le chauffeur croyait que la cargaison était destinée pour un magasin ; faut
dire que tu avais vu grand, la moitié de la cave est encore rempli de sac de
terreau ! ! !
Et tu m’avais rétorqué avec les pommettes
un peu rosée, que vu l’inflation c’était pour faire des économies futur !
Et la fois ou nous avons été assailli par les pucerons, tu
te rapelles, tu m’avais emmené tout le dimanche cueillir des orties parce que
tu ne voulais pas mettre de produit chimique sur tes roses ;
J’aimerais tant que tu m’y emmène encore mon ange,
où tu voudrais d’ailleurs, juste pour être avec toi, à tes cotés.
*****
Mon dos me fais mal, j’ouvre les yeux,
Anaïs est à coté de moi, elle dors encore, je me suis endormi sur son épaule,
une voix me dit qu’il est neuf heure du matin et que des personnes aimeraient
voir Anaïs ; je ne veux voir personne, je veux juste rester seul avec
mon ange, mais comment faire comprendre à tous ces gens de nous laisser
tranquille !
Une voix familière me dit bonjour, une voix
tant aimée et tant délaissée depuis mon amour égoïste envers Anaïs !
La voix s’avance vers moi puis me prends
dans ses bras, je sents la douceur de sa main sur mon visage. Ma maman me
regarde, je lis dans ses yeux la souffrance d’une mère qui regarde son fils s'étteindre
sans pouvoir lui apporter le moindre apaisement. Maman se contente de me
serrer très fort, mon père est derrière elle, ne sachant que dire, que faire face
à toute cette émotion. Je m’avance vers lui, l’embrasse puis leurs dis à tous
les deux que je préfère partir, que je ne souhaite pas rester pendant leurs adieux
à Anaïs. Je me retourne vers Anaïs, dépose un dernier baiser sur sa joue et
quitte la pièce ;
Je crois que mes parents ont compris,
qu’ils ne m’en voudront pas de ne pas être resté avec eux, mais comment faire
autrement, je n’aurai pas la force d’affronter tous ces sanglots qui vont se
répéter tout au long de la journée ; je reviendrai à 14heure afin de me
retrouver pour la dernière fois, seul avec mon ange, avant qu'elle ne disparaisse à
jamais.