7
heure,
le jour est déjà levé, la fraicheur matinale m’interpelle,
je penche ma tête sur le coté, Anaïs dort encore, un léger sourire se dessine
sur ses lèvres, un joli rêve peut être, je me dis que je suis forcément
dedans !
un cas de conscience se
pose, je la réveille doucement ou je la laisse dormir, non allez laisse la rêver
encore un peu ; je me lève sans bruit, la regarde encore un instant, et
grave cette douce image au plus profond de mon être.
L’esprit encore bercé par Anaïs, je prépare un petit
déjeuné, moment très important de la journée, où nos sens endormis
vont s'éveiller par de doux
regards complices; elle va me rejoindre et le temps d’un instant, je
vais pouvoir profiter de son visage tout ébouriffé, qui me fait fondre, tel
un iceberg à la dérive, dans les eaux chaudes des caraibes.
Je lui prépare une coupelle de fruits frais, y
dépose des carrés de mangue juteuses, des tranches d’ananas acidulées et
quelques fraises biens mures et sucrées; un verre de lait glacé, un mini
pain aux raisins crémeux à coeur et surtout ne pas oublier, une énorme
tasse de café noir avec deux morceaux de sucres de canes; le temps, à
peine, d'exposer tout mon amour sur la terrasse ensoleillée, la délicatesse de ses pas
sur le parquet se font entendre, chaque crépitement nous rapproche, la voilà
enfin, revêtue d’une petite chemise de nuit en dentelle bleuté; l’éclat de
ses yeux ravageurs fait rougir le soleil, qu’ai je donc fais pour mériter un
tel bonheur, un tel présent ; Anaïs s’assoit devant moi, je la regarde picorer
dans l’assiette de fruits, chacun de ses gestes est une douce souffrance qui
ne cesse, qu’une fois dans l'étreinte de ses bras; aucun mot n’est encore
venu interrompre ce délicieux moment, juste des regards joueurs et tendres.
N’étant pas d’une patience exemplaire, comme à
l’accoutumée, je m’avance vers Anaïs, m’agenouille près d’elle et commence
à lui effleurer l'intérieur les cuisses, le délicat parfum de sa peau
de soie m’enivre, les battements de mon cœur s’accélèrent à
la vitesse d'un cheval au galop dans les paturages des landes puis je l’emmène lentement
vers le plaisir, vers notre plaisir où se mélange une quinconfonie de
son imperceptible.
Nous restons un long moment, étendu sur ce lit improvisé, ne
faisant plus qu’un, dans se méli-mélo d’amour et de tendresse!
9
heure,
la chaleur du mois d’août pénètre dans la maison,
Anaïs doit se préparer, une dernière journée de travaille l’attend, demain
nous partons en vacances; cette année, nous avons décidé de les passer en
montagne, dans un petit chalet savoyard à l’abri du monde et de la foule;
les photos du catalogue sont superbes, une petite foret de sapin
bleu se trouve en contre bas du chalet, on y apperçoit même des Tarrines qui broutent
une herbe verte, maculée de fleures jaunes et bleues, à quelques mètres seulement
du chalet, une petite marmotte, dans le creux d’un rocher, pointe le bout
de son nez; au milieu de se décor, juste elle et moi,
où nous allons pouvoir assouvir, notre égoïsme et notre amour.
Anaïs sort de notre
chambre, une robe jaune pastel recouvre ses formes harmonieuses, je la prend tendrement
dans mes bras, la serre très fort puis la laisse filer vers cette dernière
journée qui nous sépare de ces 15 jours de passions, qui nous
attendent.
Je la regarde s'éloigner, traverser la rue telle une
jeune gazelle, pour acheter son magasine au kiosque d’en face; le bas de sa robe
vol au vent, puis plus rien, le taxi me la prise. Bon ce n’est pas le tout, je
dois tout ranger maintenant, et préparer les valises, Anaïs sera fatiguée ce
soir, et comme tout homme, mon égoïsme me dit, prend soin d’elle afin qu’elle
puisse prendre soin de toi ! ! !
Je m’attèle donc à mes
taches, je suis heureux, très heureux, tellement heureux.
12
heure,
la sonnerie du téléphone retentit, espérant que ce
soit Anaïs, je me presse
de répondre, le sourire aux lèvres; oui, c’est bien elle, Anaïs me dit de
sa voix enchanteresse, qu’elle ne rentrera pas tard, sur les coups de 19 heures, elle
va prendre un petit pot avec ses collègues pour fêter les vacances.
Encore cinq petites heures pour finir les
valises ou cinq longues heures à l'attendre, ce soir pas de cuisine, direction Beaune, nous irons dîner dans un superbe restaurant « Les Tontons », dont l'une
des spécilatité est le risoto; je lui en avait parlé il y a
déjà, ha oui déjà 6 mois, toujours en train de remettre à plus tard, enfin cette
fois c’est réservé.
18h45,
Anaïs ne va plus tarder, je
vais lui préparer un bains, je vais y mettre une tonne de mousse, non, juste
un tout petit peu, après je ne la verrais plus; elle est si jolie dans son bain,
ses seins hummmm, non allez, je dois penser à autre
chose ! ! !
19
heure,
je l’attends, la vie
c’est arrêté, je prends conscience de mon incapacité à vivre sans elle, à quel
point toutes mes actions, mes pensées n’ont un sens qu’à travers
elle.
19h10,
Elle
est en retard, j’ai horreur de ça, mais que peut-elle bien faire, le pot a du
s’éterniser un peu, c’est tout, je vais pas l’appeler tout de suite quand même,
mais bon, elle pourrait prévenir. Elle sait bien que je m’inquiète
facilement.
19h15,
bon, je l’appelle sur
son portable, ça sonne, elle ne répond pas, j’essaie encore une fois, toujours
rien, je lui laisse un message;
Agacé, j’appelle à nouveau,
mes mains deviennent muâtes, ma tête s’embrouille, des idées viennent
s’entrechoquer, je ne sais plus laquelle choisir : prendre la voiture et
partir à sa recherche ou appeler sa boite ou téléphoner à la police ou les
hôpitaux.
Non arrête, Anaïs n’a qu’une heure de retard, déjà
une heure, je n’en peu plus d’attendre, mes nerfs se crispent, des bouffées de
chaleurs m’envahissent, ma tête me fait mal, mais qu’a t il pu
arriver ?
Pourquoi ne m’appelle
t elle pas ? peut être qu’elle ne le peut pas, mais alors quoi, un
accident ? non, c’est trop, j’appelle les flics, mais qu’est ce que je
leurs dis, que ma femme a une heure de retard, non 2 heures maintenant, Anaïs
pitié appelle moi, je sens l’angoisse monté en moi, la peur surgit, je m’en fou
je les appelle, rien; ils n’ont aucun éléments à me donner, il est trop tôt pour
lancer un avis de recherche, alors rien, on ne fait rien, on attend, mais on
attend quoi bande d’abrutis, il faut agir maintenant, s’il vous plait aidez
moi ! ma gorge se sert, les larmes m’envahissent, un sentiment de rage et
d’impuissance se mélange en moi, je vais exploser.
Je prends la voiture
,parcours la ville sans savoir ou aller exactement, un passant traverse la route,
je failli l’écraser, je ne l’ai même pas vu, je ne vois plus rien, m’a vu se
trouble, les larmes ne s’arrêtent plus, et toutes ces satanées questions qui
reviennent sans cesses, j’ai mal à la tête, je n’arrive plus à réfléchir, déjà
23heures, elle ne répond toujours pas, pourquoi ? pourquoi ? mais
pourquoi ?
Je rentre chez nous, j’ouvre la porte, et je me mets à espérer
naïvement qu’elle est dans le bain que je lui avais préparé et je crie d'une voix
rauque : "Anaïs, Anaïs tu es là?", mais rien, aucune réponse, j’ouvre la porte de
la salle de bains, la baignoire est vide, la mousse a disparu, elle n’est pas
la, je vais vers le bar, je prend une bouteille de whisky et je commence à
boire, ça va m’aider à tenir, j’ai besoin de soulager mon esprit, je ne veux
plus penser, je veux que ces questions s’en aillent, j’en peu plus ! 2
heures du matin maintenant, la bouteille est vide, mes pensées sont toujours là,
mais Anaïs, ou est tu ? je trébuche sur la table du salon, et soudain
j’entends le téléphone, je me précipite et m’arrête brusquement, est ce Anaïs,
ou ? le ventre noué, je prends le téléphone, le porte à mon oreille, j’ai
peur ! tellement peur !
Non, ce n’est pas Anaïs,
une voie d’homme me dit qu’il est de la police, me demande si je suis le mari
d’Anaïs Printant, je réponds timidement oui, et l’homme me dit qu’ils viennent de
retrouver le corps d’une femme ayant des papiers au nom d’Anaïs
Printant;
Un silence pesant s’installe, le vide remplace toutes
les questions que je me posais, je ne suis plus qu’un gigantesque iceberg à la dérive, au
mileu de l'océan.
La vois de
l’homme raisonne à nouveau, me dit que je dois venir à la morgue pour reconnaître le
corps.
Mon Anaïs est morte. Je refuse d'y croire, rien ni personne ne
nous empêchera d’être ensemble.
Je me rends à la morgue, un homme m’attend, il se
présente étant le commissaire machin chouette, j’en ai rien à foutre de qui il est, il
me conduit auprès de ce qui n’est pour lui qu’un corps et
qui pour moi est TOUT. Il soulève le drap blanc, mon sang se glace, je suis pétrifié et
je vois, je vois; mon âme abandonne mon corps en fusion qui s'écroule à genoux devant Anaïs. Ces
yeux sont fermés, elle est belle, ses cheveux sont mouillés, ne porte aucun vêtement, elle est
à moi, de quel droit l’ont ils déshabillé, je leur crie de foutre le
camps, de me laisser seule avec elle, sans mots ils quittent la pièce, et je me
retrouve enfin seul avec elle, je m’avance encoreun peu, lui effleure le visage, les
larmes me gagnent, je m’écroule en sanglots, je la serre très fort
dans mes bras, la couvre de baiser, mais je ne suis pas le prince charmant,
Anaïs ne se réveillera pas, la douleur est trop forte, je n’arrive plus à
respirer, et de nouveau les questions, que lui est il arrivé ? que c’est il
passé ?
Je reste à ses cotés,
je ne sais plus quoi faire, je suis perdu.
On frappe à la
porte, un homme entre, me dit qu’il a besoin de rester seule avec ma femme,qu'il va devoir
faire une autopsie.
*****
Franck : Non, pas
question, je reste avec elle, je ne veux pas que vous la touchiez, laissez nous,
laissez nous tranquille !
Le médecin : non,
je suis désolé Monsieur mais vous devez partir, s’il vous plait,
sortez !
Franck : Non, je
ne veux pas, cassez vous ou
*****
Sans que je puisse finir ma phrase, deux hommes
entrent dans la pièce et me traine dans une
salle vide, j'essaie de me débattre mais je ne suis plus qu'une loque, une larve;
ils me disent que je dois me calmer. L’un d’eux est un psy, il me dit qu’il
est là pour m’aider, m’aider à quoi, à accepter, jamais, non je n’accepterai
jamais.
Je n’est pas besoin de
leur réconfort, je veux simplement rester seul avec Anaïs, les deux hommes
m’agrippent, me maintiennent à terre et m’injecte un calmant, le produit fait
effet en un instant, j’essaie de résister mais en vain, je me sent partir
puis ! ! !
7heure
Je me réveille, je ne sent pas la fraicheur matinale,
je ne reconnait même pas la pièce, je dois faire un
cauchemar, où suis je ? Je penche la tête sur le coté, Anaïs n’est pas là,
je me souviens, elle ne sera plus jamais là quand je me réveillerai, elle ne
me sourira plus, il n’y aura plus de petit déjeuné, il n’y aura plus rien! la
douleur revient, une douleur qui ne peut s'expliquer avec des mots tellement elle fait
souffrir!
une femme en blouse
blanche rentre dans la chambre, le regard plein de douceur et de compassion, me
dit qu’il faut que j’avale quelques choses, et me demande si je préfère du café
ou du chocolat; mais que pourrais je vouloir, si ce n’est Anaïs. Je lui
répond que je ne veux rien, par contre que je veux m’en aller, et qu’elle me
rende mes vêtements.
La jeune femme sort de la pièce et reviens avec le
médecin qui me demande de rester à l’hôpital jusqu’à demain, je me
lève et dit au médecin que je part maintenant, avec mes vêtements ou en pyjama,
ça m’est égal; devant mon insistance l’infirmière m’apporte mes vêtements, me fait remplir une décharge,
et me laisse partir; me voilà dehors, je dois aller retrouver Anaïs,
il faut que je reste près d'elle; je me rend les yeux
aggar auprès d'Anaïs; le commissaire ayant été prévenu de mon départ précipité de l’hôpital c’était rendu
directement à la chambre funéraire où repose le corps désormais sans vie
de mon Anaïs afin de m'y trouver.
Il me salue puis me dit qu’il a
besoin de me parler, il sait ce qui est arrivé à Anaïs; je reste là, devant lui sans
bouger, craignant la moindre de ses paroles; il me demande de m’assoir, puis
me dit : « votre femme après avoir quitté la petite fête avec ses
collègues, c’est rendu vers la station de taxi, un homme l’a vu sortir, la suivi,
puis la forcé à monter dans sa voiture et à le conduire dans un endroit isolé,
ensuite il l’a violé, puis la tué »
Un silence pesant s’installe,
le même qu’hier soir au téléphone, après quelques instants, je demande d’une
voix rauque s’il sait qui est le meurtrier; il me répond que oui, que cela avait
été facile, des témoins ont vu la scène et ont donné son signalement, cette
personne est fiché dans nos services pour des faits de viols mais qu’il avait été
relâché il y a trois mois pour bonne conduite.
Je sent une haine monter
en moi, un sentiment d’une force inouïe mais je ne montre pas ma colère, je
la garde en moi, enfoui au plus profond de mon être.
Je demande au
commissaire la possibilité de voir ma femme, il me dit que désormais son rôle
est terminé, et que je dois être fort et préparer l’enterrement de ma
femme.
Je me rends auprès d’Anaïs, elle est légèrement maquillée, ses parents que je
n’avait même pas pensé à prévenir sont là, les yeux humides et vides, je
les regarde sans pouvoir dire un mot, ma gorge me fait mal, mes yeux me
brulent, Paula se lève, s’avance vers moi, me prend chaleureusement dans ses
bras et laisse couler son émotion, Georges la rejoint, me sert la main sans
pouvoir croiser mon regard, puis il saisi tendrement le bras de Paula et
l’entraine en dehors de la pièce; ils me laissent seul avec leur
fille, leur fille unique, leur douce enfant; je m’approche d’Anaïs,
embrasse ses lèvres tant aimées, je colle ma bouche sur son oreille et
lui délivre mon machiavélique secret
.